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7 décembre 2010

Danger Mines!

6 décembre, day trip dans le Golan. En voiture. 
J'avais fait une croix sur le Golan, parce qu'il est extrèmement difficile de s'y rendre en bus. C'est loin et le transport n'est absolument pas adapté à la visite de ce coin de pays. Revirement de situation, j'ai rencontré deux charmantes-voyageuses-en-voiture-de-location qui partaient justement se faire un petite journée dans la Réserve Nationale des Banias. Certainement que je veux joindre!
Même sous la pluie tant attendue qui est venue pour troubler notre excursion, le Golan est un coin absolument magnifique qui n'a rien à voir avec l'idée que je me faisait de l'Israel. Il est vert (ou il devrait l'être bientôt) et grandiose, tout particulièrement lorsque le soleil se pointe pour éclairer les environs. C'est le coin le plus verdoyant du pays et l'eau qui coule des montagnes représente une ressource importante. Il est peu étonnant que les pays avoisinnant se battent pour sa possession. 
Nous sommes donc passés d'un site et un autre, faisant le tour des Banias, des chutes, du royaume de Pan (celui de la mythologie) et de la Froteresse de Nimrod; nous avons pu voir les montagnes du Liban à l'hirozon, nous avons roulé et roulé et diner à l'humous et au libane dans un petit restaurant druze plus syrien qu'israelien et nous sommes redescendue à la noirceur pour rejoindre le Lac de Tiberias en passant par Tsfat, une petite ville religieuse peuplée de juifs, d'artistes et d'artisans située dans les montagnes de la Galilée. Une grosse journée fournie en paysages quoi. 


Hier matin, nous sommes partis pour le Nord de l'Israel, là où les frontières sont encore controversées avec le Liban et la Syrie tout particulièrement. Sur la carte, c'est au bout, au Nord. C'est également l'endroit sur terre le plus instable où j'ai mis les pieds. Peut-être mis à part la West Bank. Au retour des Banias, nous avons roulé à quelques kilomètres de la zone de dégagement entre la Syrie et Israel. Zone de dégagement, ça signifit une zone tampon sous haute surveillance internationale où personne ne met les pieds. Il n'y a aucune possibilitée de traverser et on se tient loin s'il vous plaît. Selon son discours politique, la Syrie ne baissera pas les bras tant qu'elle n'aura pas repris le Golan que Israel lui a pris lors de la Guerre de 7 jours en 1967.
Je trouve sincèrement que le Golan est un coin du monde absolument magnifique. Outre les montagnes, les écritaux DANGER MINES! lui donnent un charme un peu troublant. Et ils sont absolument partout aux abords des routes. Chose certaine, ils ne donnent pas envie de couper dans les champs pour aller plus rapidement du point A au point B. 

25 novembre 2010

Adventurous Ramallah

Mercredi 24 novembre, escapade dans la West Bank, encore. Une fois n'est pas sufisante pour capter ce soit disant dangereux, mais fascinant coin du monde. 
Paloma et moi avons sauté dans un bus en fin d'avant midi en direction de Ramallah, une minuscule ville au nord de Jerusalem. Pour situer dans l'histoire, c'est dans les environs de Ramallah que Jésus serait entré dans le temple à l'age de 12 ans. Est-ce que nous avons vu le temple? non. Par contre, à Ramallah, ce qui frappe en premier (outre la désorganisation de l'espace et l'abonndance des gens dans tous les coins) c'est la quantité impressionnante d'affiches du Fatah représentant Y.Arafat. Le leader est mort il y a 6 ans, mais il reste le regretté favori dans le coeur des palestiniens. Ce qu'ils pensent de M.Abbas? Sans commentaire. Si on demande à un homme dans la rue, il dirat qu'il aime Abbas. Affirmer le contraire serait dangereux pour lui ou pour sa famille. Si on en parle en privé devant une tasse de thé, il risque de raconter se qu'il pense réellement du gouvernement palestinien. La Palestine est un endroit bien compliqué à saisir. Chose certaine, bien du chemin reste à parcourir pour qu'Israel et la Palestine s'accordent. Et en toute franchaise, je doute fortement de la faisabilité de la chose, mais je l'espère. 

Et puis, tant qu'à mettre les pieds en territoires palestiniens pour une deuxième fois, pourquoi ne pas vivre une expérience un peu plus extrème que de partir à la recherche du meilleur hummus du pays. Qu'on se comprennent dès maintenant : nous ne cherchions pas le trouble en Palestine. Nous étions très prudentes et avec quelqu'un de confiance. Seulement parfois, il arrive des situations extraordinaires (et pas forcément dans le bon sens du terme).
En gros, l'histoire raconte que nous sommes allés prendre le thé dans une merveilleuse famille palestinienne, et je dit merveilleuse. Pour une raison inconnu, hier et hier uniquement, le check point à proximité de Ramallah a fermé ses portes plus tôt que prévu et sans avertissement. Les bus ont arrêtés de circuler, et nous, nous sommes restées à Ramallah dans l'incompréhension la plus totale. Alors que notre nouvel ami, le charmant Ahmad nous reconduisait dans sa vieille et magnifique BMW (!) à un hôtel  du centre ville, nous nous sommes fait arrêtés par la police palestinienne (!!) qui croyait que nous étions des visiteuses israéliennes kidnapées par un méchant palestinien (!!!). 
Juste un instant, mettez vous dans la peau de quelqu'un qui se fait arrêter par la police palestinienne, la nuit, dans la West Bank. Ce qui se passe, c'est que le conducteur sort de la voiture, que tout le monde commence à s'engeuler en arabe, à fumer une quantité pas possible de cigarettes et que vous, vous ne comprenez absolument rien de ce qui se passe. Alors, votre charmant ami, stressé un brin et on comprend pourquoi, vous dit: Don't be scared! Tell him you're ok! Tell him you're ok! S'en suit un échange de passeports, des regards inquièts du policier et un diaporame des photos de famille que vous venez de prendre. Puis, un soit-disant-policier-en-civile-pas-trustable-pour-deux-cents monte dans la voiture avec nous et nous accompagne jusqu'à l'hotel. Il est tard, Ahmad nous prend une chambre, nous y accompagne et s'assure que tout va bien avant de repartir avec le dit policier louche. Dodo. Retour à Jerusalem en bus au matin. 

Cela dit, remettre les pieds dans l'appartement de Jaffo Street à Jérusalem : priceless. Autant que le soulagement des colocs de nous voir revenir en un morceaux de la West Bank. Plus que de peur que de mal pour tout le monde. Si on me demande si je vais retourner en Palestine? évidemment! Seulement, et ceci est un conseil, toujours prévoir un endroit sécuritaire où dormir sur place ou rentrer avant la noirceur. Et, suivre ses feelings. Insciallah!

Hey, how was Ramallah? ... Adventurous.

21 novembre 2010

Passage frontalier

Pour le plaisir, et parce que je n'en ai parlé trop peu dans mon dernier post, voici quelques images presque légalement prises par ma Canon lors de mon périlleux passage frontalier de la semaine dernière. J'aurais aimé immortaliser les doiniers de 18 ans dans leurs cages de verres et les intérieurs froids éclairés au néon, mais me faire poursuivre et emprisoner pour violation de l'État Israélien, c'est un gros risque à prendre. Et pour dire vrai, quand un gardien m'a crier de ranger mon appareil photo entre les deux frontières, je l'ai odéit express.

18 novembre 2010

La journée du p'tit criss

17 novembre 2010, Bethlehem. Mauvais jeux de mots religieux.
Hier, j'ai vu la Palestine. Un tout petit aperçu disons. Un bus de Jérusalem au matin, une problématique de retour après le coucher du soleil. Il semble que le transport soit beaucoup moins facile du côté palestinien. Nous avons pris un taxi, puis traversé le check point à pied avant de sauter dans un sherouk jusqu'à Jerusalem-Est. Le check point n'a rien a voir avec une frontière ordinaire. Ce n'est pas une prison, mais on ne se sent pas forcément bienvenue dans cet environnement hostile. Pour nous, ressortissants de l'Ouest-en-vacance-qui-ne-se-laissent-pas-impressionner-par-les-néons-et-les-barbelés, ce n'est pas un problème, c'est seulement... destabilisant. Mais pour les palestiniens emprisonnés dans leurs propre pays, c'est une autre paire de manches. Mur de la Palestine infranchissable.
Cela dit, Bethlehem: wow. Petite ville complètement désorganisée où le christianisme se mélange à l'Islam dans une ambiance hétéroclite. Et c'est beau. J'ai marché sur les traces de Marie et de Joseph jusqu'à la cave de la nativité dans l'église du même mon. Vieille Église au toit de bois (l'étable, tsé!) où une foule impressionnante de pellerins se pressent pour embrasser l'endroit où la Vierge aurait donné naissance à leur Seigneur. Nous avons cherché le boeuf et l'âne, mais aucune trace animale dans cet endroit.


Et puis surprise, nous sommes aterris dans une église chrétienne-araméenne ouverte par hasard où on a pu entendre chanter le Notre Père en araméen par un jeune garçon de Bethlehem (retour à la photo du post précédent où le Notre Père figurait en araméen, langue indéchiffrable). Une belle expérience pour les sens.
Ce fut ensuite le moment du thé parce que pour le plaisir de la vie, le thé et la culture arabe ne doivent faire qu'un. Alors, thé offert par le thé-man dans une jolie petite ruelle. Ruelle d'où nous ne sommes jamais parti, parce que nous nous sommes faites interceptées par une ribambelle d'enfants (les dits p'tits criss) avec qui nous avons joué au foot tout l'après midi.

Alors donc, pour un premier aperçu de la Palestine, ce fut formidable. La Palestine, elle n'est pas dangereuse. Pas plus qu'ailleurs. Les gens sont beaux, acueillants, ouverts. À ce que nous avons pu voir, ils aiment raconter leurs histoires et leurs pays. Le danger, il ne vient pas des palestiniens eux-même. Il vient du gouvernement, de la situation politique un peu précaise, de l'arogance des militaires israéliens postés en Palestine. Et en Palestine, je vais retourner.

30 octobre 2010

Security check

En résumer, trois choses: sécurité, passeport, hébreux.

Nombre de postes de sécurité que j'ai franchis entre Montréal et Tel Aviv: 4
Nombre de fois où mon passeport a été vérifié: 12
Nombre de gardiens Israéliens qui m'ont questionnés sur mon pourquoi de voyage: 4
Nombre de petits monsieurs sympatiques qui m'ont aidés à trouver mon chemin entre l'aéroport de Tel Aviv et la maison chez Geneviève: 3
Nombre d'étampes Israélienne dans mon passeport: 1
Nombre de pays du Moyen Orient (à l'exception de la Jordanie et de l'Égypte) où je peux maintenant mettre les pieds: 0, merde! 
À cette information, j'en connais au moins une qui doit se réjouir. Non Pierrette, je n'irai pas en Syrie, ni au Liban, ni tous ces autres pays qui me font rêver même s'ils sont dangereux. On m'a bien assuré que les douaniers israéliens était généralement sympathiques et acceptaient d'étamper le ressortissant canadien sur une feuille mobile. Le mien, il m'a souri en disant que Israel faisait partie de l'union, et qu'il allait étamper mon passeport de toute façons parce qu'il n'y avait aucune raison valable de  ne pas vouloir une étampe israélienne. Sale con. 

De façons générale et que ce soit justifié ou non, la sécurité pour les avions qui partent pour Israel est complètement énorme. À Toronto, on a fait sortir tout le monde de la zone 169 (là où on attend pour entrer dans l'avion) afin de vérifier encore une fois les sacs à main et les cartes d'embarquement pour s'assurer que personne n'entre dans l'avion avec des produits dangereux. Même mes mains ont étés palpées avec le petit bout de tissu blanc. Une fois dans l'avion, nous sommes restés en place une grosse heure supplémentaire, avant que l'agent de bord annonce finalement au micro qu'il y avait un bagage suspect à bord et que les hautesses allaient vérifier avec tout le monde à qui appartenaient les bagages à main. En vol, tout mouvement hors de son siège est interdit durant la dernière demie heure de vol (no toilets, no service), et tien jusqu'à ce que l'avion soit immobile. À Tel Aviv, une escorte d'agents a vérifié et questionné tout ceux qui n'avaient pas l'air israélien. Finalement, juste avant de récupérer mon bagage, une dame m'a fait sortir les noms, adresses et numéros de téléphone des personnes que j'allais visiter et a remit en question mon aptitude financière à passer trois mois en Israel si je sors des études. Enfin.

Je suis donc sortie de l'avion avec mon iPod sur les oreilles, mes lunettes d'aviateur sur les yeux, et j'ai déambulé avec la mince foule dans un immence corridor. Immence, c'est à peut près six étages en hauteur et 250 pieds de longueur. Le soleil perçait le mur vitré. Dehors, une plaine désertique et trois gros drapeaux israéliens. Tout est lumineux, tout est jaune, bleu et vert. Je ne comprend absulument rien à l'ébreux écrit (pas grand chose à l'hébreux parlé non plus d'ailleurs). Moment de destabilisation! Putin, je suis bien arrivée en Israel!