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10 avril 2012

España tome 2: Holly Pasqua

Jamais je n'avais passé le weekend de Pâques ailleurs qu'au Québec. Pour moi, bien évidemment tombée dans la culture américaine, les références pascales ont été dictées par l'industrie du lapin en chocolat plus que par l'histoire sainte. Enfin. En catalogne, c'est tout le contraire. Le seul oeuf que j'ai pu voir depuis vendredi était un véritable coco bouilli et peint en rouge, placé au centre du la monna, un gâteau traditionnel qui se mange durant la semaine de pâques.

C'était donc un weekend de fêtes dans la province de Valence. Et quel weekend de fête! Plus laïque que religieux en réalité, mais j'y reviendrai.

Par un heureux hasard, je ne suis fait un Vendredi Saint dans une petite église de Castellòn, avec chants italiens et rencontre québécoise en prime! C'est un instant magique du weekend de Pâques que de tomber par hasard sur un copain des îles dans un train de banlieue à la sortie de Valence. Le monde est si petit! Yann, si tu lis ces lignes, ce fut un plaisir de tomber sur toi! Bonne route!

Chants italiens donc, magnifiques il va sans dire, et processions d'icônes. Durant le weekend, vendredi pour le calvaire du Christ sur la croix et dimanche matin pour sa resurection, les espagnols se parent de costumes de cérémonies et sortent les icônes des églises. Absolument impressionnant pour moi chez qui ses costumes masqués ont tendance à référer à l'histoire américaine plutôt qu'à la religion, de plus que je n'ai jamais vu une icône marcher dans la rue.
Les images parlent d'elles même, il faut voir.


9 décembre 2010

Hanukkah et religions

A Jérusalem cette semaine, j'ai eu droit a ma première célébration de Hanukkah. 35 personnes dans le petit appartement de Jaffo St. à cuire des beignets, boire de l'alcool sous les feux d'artifices et chanter en cœur avec le piano et la guitare lors de l'allumage du hannukiot. C'est simple, ça aurait aussi ou se passer aux îles dans le temps des fêtes en entonnant un minuit chrétien de façon magistrale. Comme quoi, même si les croyances sont différentes, on se rejoint tous quelque part.

Parlant de religion. J'ai une question. Pourquoi, d'un point de vue chrétien et suite au nouveau testament et autres récits bibliques en araméens interprétés subjectivement par l'Église (tient, un jugement de valeurs), est-ce qu'on a totalement fait sauté l'ancien testament? Ce n'est pas que j'ai forcément envie de consacrer ma vie à l'étude de la Tora, ni de porter une perruque, ni d'avoir une ribambelle d'enfants vêtus de façon similaire, mais on s'entend sur une chose: l'évangile n'est que le tome 2 de l'ancien testament. Et dans ce raisonnement, le coran en serait le tome 3, mis a part que "nous" ne reconnaissons pas son profère Mahomet. Comme les juifs ne reconnaissent pas le "sauveur" en Jésus.
Je ne connais pas les fêtes juives (ni les rites, ni pas grand chose en fait). C'est peut être parce que je suis dans un certain contexte ou les religions sont importantes et font part de la vie courante, mais ça manque a ma culture. Pas tant ma culture religieuse personnelle, mais ma culture générale qui tend à une compréhension du monde. Les gens se battent depuis toujours pour des questions de possession, de croyances. Les croyances, moi, elles me fascinent. Comment ce qu'un illumine a écrit il y a des siècles vient jouer sur nos comportements et nos interactions aujourd'hui.

Ce qui m'amène a mon questionnement numéro deux. Pourquoi Israel ne fout pas le camp de la Palestine (ou devrais-je écrire Territoires Palestiniens sous occupation Israélienne pour être politiquement correct dans mon post d'opinion)? Elle se justifie en clamant qu'elle était là en premier, qu'elle s'est fait déportée et qu'elle revient a sa source. Qu'elle a gagnée ces frontières, même si la communauté internationale ne les reconnait pas et que ça crée un conflit pas possible.
Du point de vue religieux, on était tous là en premier. On a tous été juif à un point ou un autre (bon, pas tous, mais on comprend le point de l'origine religieuse déblatérer précédemment). On a tous eu Ève et la pomme, Noë et le déluge, Moïse et ses commandements à la recherche de la terre promise. Israel avait ses frontières reconnues et il a fait la guerre de 67 pour en prendre d'avantage (voir en complément mon post sur les Banias et les zones minées). Je sais, les questions internationales sont compliquées. Je n'ai pas étudie la politique. Ni les conflits, ni même les sciences humaines. J'ai des amis israéliens qui ont servi les forces de l'armée et qui argumentent contre le retour des frontières de 67 (et contre les territoires palestiniens de façon générale aussi) et des connaissances palestiniennes qui prient pour une Palestine libérée de l'occupation avec un vrai gouvernement et des vrais droits reconnus. J'ai commencé à m'intéresser à la question israélienne il y a 3 mois et j'en ai encore beaucoup à apprendre. Mais je ne comprendrai probablement jamais pourquoi on se tape dessus parce qu'on a un dieu qui n'a pas le même nom.

Insciallah. Amen.

5 décembre 2010

Moments bibliques

J'ai pris une chambre dans une auberge dans la ville de Tiberias. Je ne savais pas trop ce que j'allais y faire, mais l'intérêt principal de l'endroit est qu'il est à quelques centaines de mètres du lac du même nom. Fait divers, l'étendue d'eau est le lac de Tibériade en français et Galilean See en anglais. Un jeu sur la sémantique qui me perturbe. Moi qui cherchais un lac ET une mer, je suis un peu déçue. Enfin.
Ne sachant pas trop quoi faire de ma peau en ville (la plupart des plages étant privées ou réglementées par des hôtels de luxe de la région), j'ai rejoins la station de bus en ayant pour idée d'aller ne faire une petite journée de pèlerinage dans le coin du Mont des Béatitudes et des ruines de Kafar Nahum. De si jolis termes qui résonnent dans ma tête comme dans un speaker d'église.
Dans le bus, le chauffeur n'avait aucune une idée de ce dont je parlais et, par conséquent, ne savait pas où me faire descendre sur sa route. Bon. Ça commence bien la journée. Mais on se comprend et je lui traduit les informations de mon super Lonely Planet (que parenthèse, j'aurais due prendre en anglais) et je me retrouve finalement au bon endroit. Disons un arrêt de bus trop tôt, mais j'en ai profité pour me faire un petit kilomètre de marche additionnel dans les champs. Fantastique. Endroit magnifique, calme. Des montagnes, de l'eau, du soleil. Des ruines et des églises. Moi qui marche vers l'inconnu dans un décors biblique. J'aurais du prendre une toge et des moutons; me faire suivre par une douzaine de barbus. Ça aurait été parfait.

Aujourd'hui encore, j'ai passé l'après midi à marcher sous le soleil d'Israël. En descendant le Mont des Béatitudes à la manière Miousse et ce, sans ne casser la geule (dit Miousse qui, s'il lit ce post du sommet de l'Everest dirait que je ment, que Gaudet ne descent pas les montagne en gambadant. Mais il aurait visiblement tors), je me suis dit une chose très importante: le hiking en Convers, c'est fini! J'ai des trous au talons et j'ai les pieds qui explosent. 40 km en trois jours, c'est définitivement inapproprié à la marque de mes souliers. Vivement mes bottes de marche que je vais retrouver à Jérusalem cette semaine.


Et sur ce, une heure pus tard, j'ai rencontré deux jeunes demoiselles qui partent hiker dans les Banias demain, à l'aube. La résolution attendra, parce que c'est mon occasion ultime de monter au nord et de voir le Golan. En voiture. S'il faut que je perde quelques bouts de talons d'ici là, tan pis.

18 novembre 2010

La journée du p'tit criss

17 novembre 2010, Bethlehem. Mauvais jeux de mots religieux.
Hier, j'ai vu la Palestine. Un tout petit aperçu disons. Un bus de Jérusalem au matin, une problématique de retour après le coucher du soleil. Il semble que le transport soit beaucoup moins facile du côté palestinien. Nous avons pris un taxi, puis traversé le check point à pied avant de sauter dans un sherouk jusqu'à Jerusalem-Est. Le check point n'a rien a voir avec une frontière ordinaire. Ce n'est pas une prison, mais on ne se sent pas forcément bienvenue dans cet environnement hostile. Pour nous, ressortissants de l'Ouest-en-vacance-qui-ne-se-laissent-pas-impressionner-par-les-néons-et-les-barbelés, ce n'est pas un problème, c'est seulement... destabilisant. Mais pour les palestiniens emprisonnés dans leurs propre pays, c'est une autre paire de manches. Mur de la Palestine infranchissable.
Cela dit, Bethlehem: wow. Petite ville complètement désorganisée où le christianisme se mélange à l'Islam dans une ambiance hétéroclite. Et c'est beau. J'ai marché sur les traces de Marie et de Joseph jusqu'à la cave de la nativité dans l'église du même mon. Vieille Église au toit de bois (l'étable, tsé!) où une foule impressionnante de pellerins se pressent pour embrasser l'endroit où la Vierge aurait donné naissance à leur Seigneur. Nous avons cherché le boeuf et l'âne, mais aucune trace animale dans cet endroit.


Et puis surprise, nous sommes aterris dans une église chrétienne-araméenne ouverte par hasard où on a pu entendre chanter le Notre Père en araméen par un jeune garçon de Bethlehem (retour à la photo du post précédent où le Notre Père figurait en araméen, langue indéchiffrable). Une belle expérience pour les sens.
Ce fut ensuite le moment du thé parce que pour le plaisir de la vie, le thé et la culture arabe ne doivent faire qu'un. Alors, thé offert par le thé-man dans une jolie petite ruelle. Ruelle d'où nous ne sommes jamais parti, parce que nous nous sommes faites interceptées par une ribambelle d'enfants (les dits p'tits criss) avec qui nous avons joué au foot tout l'après midi.

Alors donc, pour un premier aperçu de la Palestine, ce fut formidable. La Palestine, elle n'est pas dangereuse. Pas plus qu'ailleurs. Les gens sont beaux, acueillants, ouverts. À ce que nous avons pu voir, ils aiment raconter leurs histoires et leurs pays. Le danger, il ne vient pas des palestiniens eux-même. Il vient du gouvernement, de la situation politique un peu précaise, de l'arogance des militaires israéliens postés en Palestine. Et en Palestine, je vais retourner.

16 novembre 2010

Holy christian place

Oui, encore un blog sur la Ville Sainte.
Aujourd'hui, Paloma (ma super coloc espagnole) et moi, avons parcouru la vieille ville de Jérusalem sur les traces de Jésus. Un pellerinage religieux, pourquoi pas. Pour une fois où je passe un peu de temps avec quelqu'un ayant un bagage religieux similaire au mien, autant en profiter. Nous avons fait le chemin de croix (à l'envers, mais quand-même), nous nous sommes perdues dans le cartier chrétien, avons rencontré des gens, des pelerins, des religieux, des palestiniens. Nous nous sommes même fait invitée au restaurant par le propriétaire de La croix. Celle que les pellerins empruntent pour leurs chemins de croix. Est-ce que nous allons le rappeler: non.
Nous sommes descendues dans la cave de la naissace de Marie et de la tombe de Joachim. Parenthèse, j'ai toujours un problème avec l'apellation La Vierge Marie et préfère de loin La mère de Dieu. Enfin. Pour dire que c'est un des endroits les plus bizares où j'ai mis les pieds. On descend trois étages dans un ancienne cave. La roche semble creusée à la main. Il y a des prières dans les fentes des murs, de l'encent dans l'air. L'air se fait rare, j'ai l'impression que ma tête se comresse. C'est complètement fou. Rustique. Religieux. Amplement plus chargé que les immences édifices à la gloire de Dieu.

Nous avons ainsi traversé la vieille ville pour monter au Mont des Oliviers. Jolie montagne peuplée de lieux saints et de palestiniens. Nous nous sommes alors mises à la recherche du désert de Judée (que nous apercevons au loin sur la prochaine photo) escortées par un jeune homme de Jérusalem-Est. Par hasard, nous nous sommes aussi retrouvées dans un jardin où nous avons lu le Notre Père dans 110 langues, y compris l'araméen, parce qu'on ne fait pas les choses à moitier. Le propriétaire, un franco-palestinien-arabe nous a fait entrer gratuitement et nous a raconté ses années de guerres  Une belle rencontre qui s'est terminée devant le soleil couchant, au loin, sur la Ville Sainte.

11 novembre 2010

La Ville Sainte

Jérusalem, Israel.
Beaucoup de choses à raconter. Plusieurs faits épars sur la culture juive que je découvre tranquillement, sur les gens, les habitudes. Sur les lieux aussi. Quelqu'un savait que le mur des lamentations était visité en commémoration à la déportation des juifs en 70 ap.JC? 
J'ai du mal à décrire Jérusalem. Trop d'informations. Terre sainte chrétienne, juive et musulmane à la fois, c'est étourdissant. La vieille ville est un mélange incroyable de cultures. C'est beau, mais on ne sait pas où donner de la tête entre les enfants qui courent, les lieux sacrés et les marchands qui tentent de vous vendre toutes sortes de jolies bebelles. Dans les petites rues, je sens un mélange d'Istanbull et de Venise; reste un petit quelque chose d'unique qui est propre à Jerusalem. J'ai du mal à assimiler que je prend mon café tranquillement dans ce lieu saint de l'humanité.

J'ai aussi mis les pieds à Jerusalem Est, hier, sous un soleil de plomb, question de sentir les épices et de manger un falafell dans ce tout autre univers. Non je n'ai pas vue la construction contreversée des colons juifs, pas plus que de signes de manifestations quelconques. Il ne faut traverser qu'une rue pour changer radicalement de pays, de religion, de culture. De l'autre côté, les marchands d'herbes sont assis dans les rues, les hommes courent pour la prière, les foulards palestiniens sont en bandeau, les petites familles marchandent ici et là pour les vêtements et la nourriture. Bienvenue en Palestine! Et là regne un cahos épouvantable. Mon plan provisoire pour la semaine prochaine: partir jeter un coup d'oeil à Bethlehem et aux territoires palestiniens de la West Bank. 

Je me rend également compte que je me débrouille très bien toute seule. Ici du moins. J'ai rencontré des gens hyper sympathique chez qui j'habite depuis les derniers jours (merci Couchsurfing!). Dans un petit appartement au centre ville, il y a 4 universitaires, la copine espagnole en visite, moi la québécoise, les voisins qui débarquent par la fenêtre, les potes qui viennent pour le souper et un gros cochon rose en peluche. Je suis dans l'auberge espagnole. Les langues se mélangent au fil des conversations. Un bout de français ici, de l'italien et de l'espagnol, de l'hébreux là et de l'anglais qui reprend comme lanque officielle là où les termes s'entremêlent. Un joli mix de cultures.