27 novembre 2010

Desert Flower

Ceci n'a rien a voir avec mon voyage. Où peut-être, si, dans les dérivés de la découverte.
Vendredi, avec des copains, on s'est fait un cinéma. On ne savait pas quoi aller voir et avec les résumés en hébreux, c'est encore plus difficile d'arrêter son choix. Alors, on a pris le prochain film à l'horaire. Dans la salle, ça m'a pris un peu de temps à saisir ce que j'étais en train de voir parce que le vif du sujet n'est pas abordé d'entrée de jeux. Ou peut-être que si, mais entre un dialecte somalien et un sous-titre en hébreux, il y a de quoi a perdre le fil de l'histoire et avoir hâte que l'anglais se pointe. À un certain moment, j'ai réalisé que j'étais assise devant un film diographique sur la vie du (parenthèse: absolument magnifique) manequin somalien qui lutte contre l'excision depuis la fin des années 90. Dans la catégorie des choses absolument nécessaires par un vendredi de shabbat israélien: se faire brasser le dedans par un film traitant de l'excision. Étonamment, ce n'est pas un commentaire ironique.

25 novembre 2010

Adventurous Ramallah

Mercredi 24 novembre, escapade dans la West Bank, encore. Une fois n'est pas sufisante pour capter ce soit disant dangereux, mais fascinant coin du monde. 
Paloma et moi avons sauté dans un bus en fin d'avant midi en direction de Ramallah, une minuscule ville au nord de Jerusalem. Pour situer dans l'histoire, c'est dans les environs de Ramallah que Jésus serait entré dans le temple à l'age de 12 ans. Est-ce que nous avons vu le temple? non. Par contre, à Ramallah, ce qui frappe en premier (outre la désorganisation de l'espace et l'abonndance des gens dans tous les coins) c'est la quantité impressionnante d'affiches du Fatah représentant Y.Arafat. Le leader est mort il y a 6 ans, mais il reste le regretté favori dans le coeur des palestiniens. Ce qu'ils pensent de M.Abbas? Sans commentaire. Si on demande à un homme dans la rue, il dirat qu'il aime Abbas. Affirmer le contraire serait dangereux pour lui ou pour sa famille. Si on en parle en privé devant une tasse de thé, il risque de raconter se qu'il pense réellement du gouvernement palestinien. La Palestine est un endroit bien compliqué à saisir. Chose certaine, bien du chemin reste à parcourir pour qu'Israel et la Palestine s'accordent. Et en toute franchaise, je doute fortement de la faisabilité de la chose, mais je l'espère. 

Et puis, tant qu'à mettre les pieds en territoires palestiniens pour une deuxième fois, pourquoi ne pas vivre une expérience un peu plus extrème que de partir à la recherche du meilleur hummus du pays. Qu'on se comprennent dès maintenant : nous ne cherchions pas le trouble en Palestine. Nous étions très prudentes et avec quelqu'un de confiance. Seulement parfois, il arrive des situations extraordinaires (et pas forcément dans le bon sens du terme).
En gros, l'histoire raconte que nous sommes allés prendre le thé dans une merveilleuse famille palestinienne, et je dit merveilleuse. Pour une raison inconnu, hier et hier uniquement, le check point à proximité de Ramallah a fermé ses portes plus tôt que prévu et sans avertissement. Les bus ont arrêtés de circuler, et nous, nous sommes restées à Ramallah dans l'incompréhension la plus totale. Alors que notre nouvel ami, le charmant Ahmad nous reconduisait dans sa vieille et magnifique BMW (!) à un hôtel  du centre ville, nous nous sommes fait arrêtés par la police palestinienne (!!) qui croyait que nous étions des visiteuses israéliennes kidnapées par un méchant palestinien (!!!). 
Juste un instant, mettez vous dans la peau de quelqu'un qui se fait arrêter par la police palestinienne, la nuit, dans la West Bank. Ce qui se passe, c'est que le conducteur sort de la voiture, que tout le monde commence à s'engeuler en arabe, à fumer une quantité pas possible de cigarettes et que vous, vous ne comprenez absolument rien de ce qui se passe. Alors, votre charmant ami, stressé un brin et on comprend pourquoi, vous dit: Don't be scared! Tell him you're ok! Tell him you're ok! S'en suit un échange de passeports, des regards inquièts du policier et un diaporame des photos de famille que vous venez de prendre. Puis, un soit-disant-policier-en-civile-pas-trustable-pour-deux-cents monte dans la voiture avec nous et nous accompagne jusqu'à l'hotel. Il est tard, Ahmad nous prend une chambre, nous y accompagne et s'assure que tout va bien avant de repartir avec le dit policier louche. Dodo. Retour à Jerusalem en bus au matin. 

Cela dit, remettre les pieds dans l'appartement de Jaffo Street à Jérusalem : priceless. Autant que le soulagement des colocs de nous voir revenir en un morceaux de la West Bank. Plus que de peur que de mal pour tout le monde. Si on me demande si je vais retourner en Palestine? évidemment! Seulement, et ceci est un conseil, toujours prévoir un endroit sécuritaire où dormir sur place ou rentrer avant la noirceur. Et, suivre ses feelings. Insciallah!

Hey, how was Ramallah? ... Adventurous.

23 novembre 2010

See Level Camel

Nous sommes presqu'en décembre, mais il fait bien assez chaud pour se faire une petite expédition à la Mer Morte, question de désinfecter mes nombreuses picures de moustiques dans le sel. Au programme: traverser la Palestine, se faire flotter dans la mer, s'enduire de boue, se faire flotter encore et rentrer à temps pour le souper mexicain de ce soir. Entre Jérusalem et la Mer Morte, on atteint le niveau de la mer. Il faut traverser le désert, les villages bédoins, croiser des chameaux, des ânes et des nomades errants. C'est assez dépaysant et c'est magnifique. Juste avant d'atteindre le niveau zéro, dans la voiture de mon charmant coloc, on a eu droit à un: Oh! You want to see the See Level Camel? ...
Complètement hébait par l'absurdité de la chose (un bédoin et son chameau attendant patiemment les touristes sur le dord de l'autoroute) voici donc le seul et l'unique: le See Level Camel. 

Clichés de l'auberge

Ci-dessous suit quelques images de mon domicile multiculturel de la Terre Sainte. Un endroit fantastique que je vais quitter le weekend prochain, mais que je promet bien de retrouver d'ici la fin de mon périple. Tout à fait inutile, ce post à pour unique mandat de montrer quelques unes des magnifiques personnes avec qui j'habite depuis les deux dernières semaines.  
   

21 novembre 2010

Passage frontalier

Pour le plaisir, et parce que je n'en ai parlé trop peu dans mon dernier post, voici quelques images presque légalement prises par ma Canon lors de mon périlleux passage frontalier de la semaine dernière. J'aurais aimé immortaliser les doiniers de 18 ans dans leurs cages de verres et les intérieurs froids éclairés au néon, mais me faire poursuivre et emprisoner pour violation de l'État Israélien, c'est un gros risque à prendre. Et pour dire vrai, quand un gardien m'a crier de ranger mon appareil photo entre les deux frontières, je l'ai odéit express.

18 novembre 2010

La journée du p'tit criss

17 novembre 2010, Bethlehem. Mauvais jeux de mots religieux.
Hier, j'ai vu la Palestine. Un tout petit aperçu disons. Un bus de Jérusalem au matin, une problématique de retour après le coucher du soleil. Il semble que le transport soit beaucoup moins facile du côté palestinien. Nous avons pris un taxi, puis traversé le check point à pied avant de sauter dans un sherouk jusqu'à Jerusalem-Est. Le check point n'a rien a voir avec une frontière ordinaire. Ce n'est pas une prison, mais on ne se sent pas forcément bienvenue dans cet environnement hostile. Pour nous, ressortissants de l'Ouest-en-vacance-qui-ne-se-laissent-pas-impressionner-par-les-néons-et-les-barbelés, ce n'est pas un problème, c'est seulement... destabilisant. Mais pour les palestiniens emprisonnés dans leurs propre pays, c'est une autre paire de manches. Mur de la Palestine infranchissable.
Cela dit, Bethlehem: wow. Petite ville complètement désorganisée où le christianisme se mélange à l'Islam dans une ambiance hétéroclite. Et c'est beau. J'ai marché sur les traces de Marie et de Joseph jusqu'à la cave de la nativité dans l'église du même mon. Vieille Église au toit de bois (l'étable, tsé!) où une foule impressionnante de pellerins se pressent pour embrasser l'endroit où la Vierge aurait donné naissance à leur Seigneur. Nous avons cherché le boeuf et l'âne, mais aucune trace animale dans cet endroit.


Et puis surprise, nous sommes aterris dans une église chrétienne-araméenne ouverte par hasard où on a pu entendre chanter le Notre Père en araméen par un jeune garçon de Bethlehem (retour à la photo du post précédent où le Notre Père figurait en araméen, langue indéchiffrable). Une belle expérience pour les sens.
Ce fut ensuite le moment du thé parce que pour le plaisir de la vie, le thé et la culture arabe ne doivent faire qu'un. Alors, thé offert par le thé-man dans une jolie petite ruelle. Ruelle d'où nous ne sommes jamais parti, parce que nous nous sommes faites interceptées par une ribambelle d'enfants (les dits p'tits criss) avec qui nous avons joué au foot tout l'après midi.

Alors donc, pour un premier aperçu de la Palestine, ce fut formidable. La Palestine, elle n'est pas dangereuse. Pas plus qu'ailleurs. Les gens sont beaux, acueillants, ouverts. À ce que nous avons pu voir, ils aiment raconter leurs histoires et leurs pays. Le danger, il ne vient pas des palestiniens eux-même. Il vient du gouvernement, de la situation politique un peu précaise, de l'arogance des militaires israéliens postés en Palestine. Et en Palestine, je vais retourner.

16 novembre 2010

Holy christian place

Oui, encore un blog sur la Ville Sainte.
Aujourd'hui, Paloma (ma super coloc espagnole) et moi, avons parcouru la vieille ville de Jérusalem sur les traces de Jésus. Un pellerinage religieux, pourquoi pas. Pour une fois où je passe un peu de temps avec quelqu'un ayant un bagage religieux similaire au mien, autant en profiter. Nous avons fait le chemin de croix (à l'envers, mais quand-même), nous nous sommes perdues dans le cartier chrétien, avons rencontré des gens, des pelerins, des religieux, des palestiniens. Nous nous sommes même fait invitée au restaurant par le propriétaire de La croix. Celle que les pellerins empruntent pour leurs chemins de croix. Est-ce que nous allons le rappeler: non.
Nous sommes descendues dans la cave de la naissace de Marie et de la tombe de Joachim. Parenthèse, j'ai toujours un problème avec l'apellation La Vierge Marie et préfère de loin La mère de Dieu. Enfin. Pour dire que c'est un des endroits les plus bizares où j'ai mis les pieds. On descend trois étages dans un ancienne cave. La roche semble creusée à la main. Il y a des prières dans les fentes des murs, de l'encent dans l'air. L'air se fait rare, j'ai l'impression que ma tête se comresse. C'est complètement fou. Rustique. Religieux. Amplement plus chargé que les immences édifices à la gloire de Dieu.

Nous avons ainsi traversé la vieille ville pour monter au Mont des Oliviers. Jolie montagne peuplée de lieux saints et de palestiniens. Nous nous sommes alors mises à la recherche du désert de Judée (que nous apercevons au loin sur la prochaine photo) escortées par un jeune homme de Jérusalem-Est. Par hasard, nous nous sommes aussi retrouvées dans un jardin où nous avons lu le Notre Père dans 110 langues, y compris l'araméen, parce qu'on ne fait pas les choses à moitier. Le propriétaire, un franco-palestinien-arabe nous a fait entrer gratuitement et nous a raconté ses années de guerres  Une belle rencontre qui s'est terminée devant le soleil couchant, au loin, sur la Ville Sainte.

15 novembre 2010

Jérusalem. 2

La vie à Jerusalem s'est finalement étirée. Mon trois jours s'est transformé en une semaine, et puis la semaine s'est terminée et je suis toujours là. Ma prochaine escale devrait être Bethlehem, mais je ne sais pas encore quand exactement je vais prendre bus pour la West Bank. Mon plan est d'y aller au feeling, considérant un jours ou deux à la fois. 
Puisque je n'ai rien à raconter de particulièrement intéressant outre peut-être les mots suivants: araak, concets, ruelles, personnes fantastiques, appartement du centre ville, hummus de la mort, escapade à Tel Aviv, la Méditérannée encore; j'ai considéré que les images étaient de mises pour résumer mes derniers jours en Terre Sainte.

11 novembre 2010

La Ville Sainte

Jérusalem, Israel.
Beaucoup de choses à raconter. Plusieurs faits épars sur la culture juive que je découvre tranquillement, sur les gens, les habitudes. Sur les lieux aussi. Quelqu'un savait que le mur des lamentations était visité en commémoration à la déportation des juifs en 70 ap.JC? 
J'ai du mal à décrire Jérusalem. Trop d'informations. Terre sainte chrétienne, juive et musulmane à la fois, c'est étourdissant. La vieille ville est un mélange incroyable de cultures. C'est beau, mais on ne sait pas où donner de la tête entre les enfants qui courent, les lieux sacrés et les marchands qui tentent de vous vendre toutes sortes de jolies bebelles. Dans les petites rues, je sens un mélange d'Istanbull et de Venise; reste un petit quelque chose d'unique qui est propre à Jerusalem. J'ai du mal à assimiler que je prend mon café tranquillement dans ce lieu saint de l'humanité.

J'ai aussi mis les pieds à Jerusalem Est, hier, sous un soleil de plomb, question de sentir les épices et de manger un falafell dans ce tout autre univers. Non je n'ai pas vue la construction contreversée des colons juifs, pas plus que de signes de manifestations quelconques. Il ne faut traverser qu'une rue pour changer radicalement de pays, de religion, de culture. De l'autre côté, les marchands d'herbes sont assis dans les rues, les hommes courent pour la prière, les foulards palestiniens sont en bandeau, les petites familles marchandent ici et là pour les vêtements et la nourriture. Bienvenue en Palestine! Et là regne un cahos épouvantable. Mon plan provisoire pour la semaine prochaine: partir jeter un coup d'oeil à Bethlehem et aux territoires palestiniens de la West Bank. 

Je me rend également compte que je me débrouille très bien toute seule. Ici du moins. J'ai rencontré des gens hyper sympathique chez qui j'habite depuis les derniers jours (merci Couchsurfing!). Dans un petit appartement au centre ville, il y a 4 universitaires, la copine espagnole en visite, moi la québécoise, les voisins qui débarquent par la fenêtre, les potes qui viennent pour le souper et un gros cochon rose en peluche. Je suis dans l'auberge espagnole. Les langues se mélangent au fil des conversations. Un bout de français ici, de l'italien et de l'espagnol, de l'hébreux là et de l'anglais qui reprend comme lanque officielle là où les termes s'entremêlent. Un joli mix de cultures.

7 novembre 2010

Le désert et La Mer. 2

À la suite de la Mer Morte et du désert, nous avons, la famille de Doron, mon Canon (qui, entre parenthèses, a vraiment très envie de se munir d'un filtre polarized) et moi, exploré un coin de la réserve naturelle d'Ein Gedi. De quoi donner une envie folle de s'adonner régulièrement au hicking dans les régions désertiques de ce coin du monde. En tout cas, moi, j'ai maintenant très envie de me lancer à la conquête du pays dans mes bottes de marche. Parce que: wow!
En fait, cette marche m'a énormément fait pensé à une autre. En turquie en 2008, nous avions marché dans une george immence, mouillés des pieds à la tête  et accompagnés de deux guides turcs. Cette fois, à Wadi Agorot, nous avons traversé entre les montagnes en écoutant couler une rivière d'eau douce (qui coule pourtant à 1km de la Mer Morte). Nous avons marché, escaladé, sauté dans les chûtes et pris un soleil de fou sur la tête. Un paysage à couper le souffle, pas possible, incroyable. Je vais devoir me munir d'une banque interminable de qualificatifs pour tout exprimer sans être redondante. 

Ce qui m'amène à la réflexion suivante. Mais quelle bonne idée de partir en hiver. (disons que pour l'instant, les pluies n'ont pas commencées, ce qui me laisse à mes illusions sur la température hivernale). La chaleur du matin est terrible, mais soutenable cautionnant une très grosse bouteille d'eau. Je marche nu pieds et essais très fort de reprendre mon bronzage d'été (une problématique qui n'est pas rencore ésolue après une petite semaine en sol israélien). Le soir est frais et il fait bon de porter mon hoody et mes souliers. Puisque je suis hors saison (du moins jusqu'au temps des fêtes, moment où les sites importants du christianisme vont devenir suranimés), je n'ai pas trop à me préocuper des réservations d'auberges et je ne suis pas prise dans des hordes de touristes en tour guidés. Éviter les hordes de japonais (ou tout autre masse habillée de gilet fluos avec des sacs bananes et de chapeaux d'explorateurs beige), c'est quelque chose que j'affectionne tout particulièrement.
Pour dire vrai, je confesse: je n'ai pas encore mis les pieds dans une auberge de jeunesse, je n'ai pas payé de café internet, je n'ai pas mangé au restaurant et je n'ai pas nonplus rencontré de voyageurs. J'ai pris le train une seule fois et c'était en débarquant de l'avion, après m'être fait questionner et requestionner sur les motifs de ma visite en Israel. Jusqu'à maintenant, j'ai rencontré des Israelis, j'ai mangé avec eux, j'ai dormi dans leurs maisons, je me suis fait conduire dans leurs bagnoles. Et pour tout dire: j'en ai jamais appris autant sur un pays en si peu de temps.  

Le désert et La Mer. 1

Vendredi, je suis partie dans la vieille bagnole de Doron, un ami de la famille. Nous avons fait 130 kilometres vers le sud pour nous retrouver chez son frère, à Arad, en plein désert. Nous avons passé Shabbat à manger comme des porcs, à boire du wiskey et à fumer la nargila et des cigars. Nous nous sommes réveillés en famille samedi matin pour nous  empifrer de café et de Jarnouns (met traditionnel de Shabbatt qui consiste plus ou moins en un roulau de pâte et de margarine qui cuit tranquillement au four pendant la nuit). Puis, tout le monde en voiture. Aujourd'hui, expérition à la Mer Morte.
Ceci était l'introduction. Maintenant, la musique de fond. Appuyez sur Play.

D'abord, le désert. Le désert. Le désert. Le désert. Non, ce n'est pas une répétition fortuite, c'est simplement moi qui éprouve une jouissance particulière à avoir les pieds dans un désert. Et dans le désert, on prend la route 31 et on descend à travers les montagnes de cailloux. Et on descend encore avec le soleil de 10h qui shine au dessus de nos têtes, et la musique dans le tapis, et les bédoins qu'on aperçoit au loin avec des chèvres. Et moi qui, bien certainement, empoigne mon appareil et a les yeux pleins d'eau derrière mes lunettes d'aviateur. Dans la cathégorie du: "Je n'ai envie d'être nule part ailleurs en ce moment", ça a la cote.
Alors je disais: on descend. Sur les montagnes, des inscriptions nous pointent: 500m, 400m, 300m... niveau de la mer.... -100m, -200m... et enfin, on arrive à -450m sous le niveau de la mer. L'endroit le plus bas de la planète.  Pendant que certains de mes copains montent des montagnes en Amérique du Sud et en Asie, moi, je descend plus profond que la mer.
Chaque année, le niveau de la Mer Morte baisse de façon alarmante. La Mer Morte se meurt, littéralement. C'est magnifique, mais c'est d'une tristesse incroyable à la fois. C'est une minuscule mer au milieu du désert, pleine de sel, d'un couleur pas possible. Tout est baigné dans le  soleil. Un miroir où se reflète les montagnes de la Jordanie à quelques centaines de mètres. Et dans quelques dizaines d'années à peine, elle ne sera plus là.
Et oui je suis allé à l'eau. Et c'est l'une des expériences les plus étranges que j'ai vécues. Au sel et à la densité, on s'y attend. Mais c'est étrange. Une expérience pour les sens. D'abord, l'odeur. La Mer Morte sens l'eau stagnante, morte. Mauvais jeux de mots pour dire que la Mer Morte, elle sens mauvais.  Mais on oublie rapidement parce qu'au delà les sexagénaires qui ne font flotter la bedaine en speedo bleu, elle est magnifique la mer. Quand on y entre, on avance dans cette eau lourde et, à un certain moment, on en est prisonier. Nos pieds ne touchent plus le sel (parce que ce que dans la mer morte, on ne marche pas sur du sable, mais sur des cristaux de sel) et on ne nage pas. On flotte. Debout, assis, couché. Peu importe. C'est troublant. Puis on en sort, et on est gras. Comme si on sortait d'un bain huileux. Pire. La Mer Morte, avec toutes ses propriétées bien faisantes pour la peau, est particulièrement grèceuse. Alors on prend une douche d'eau fraiche. 
Drole d'expérience que la Mer Morte propose. Maintenant, sur ma To do List, je peux cocher: Me baigner dans la Mer Morte.

3 novembre 2010

L'errance

Hier, je me suis fait Errance. C'est un essai photographique. Un photographe de remon (Raymond Depardon pour ne pas le nommer) a eu le contrat d'errer durant une année en se questionnant sur l'acte photographique lié à l'errance. En photographie, ça donne une suite d'images en noir en blanc, de format vertical. Les horizons viennent scier l'image au milieu, il y a le ciel, les nuages, la lumière. Aucun endroit n'est le même, mais il se crée une uniformité à travers les photographies. Les lieux se ressemblent. On imagine bien le photographe déambuler dans les rues, s'arrêter à un coin, attendre, regarder, déclancher son appareil, attendre encore. Il repart, il erre. Il s'arrête de nouveau. Il change de continent. Et ça recommence. Et c'est beau. 
En mots, Depardon parle de non-lieux, d'entre-deux, de frontières, de la recherche du lieu convenable, d'insatisfaction vs satisfaction globale, de liberté. En introduction, il dit:
"Je vais patir. J'ai encore des lieux à découvrir, j'allais dire à voir, mais non! je n'ai rien à voir. Je dois seulement me poser la question "Qu'est-ce que je fous là?"
J'ai le sentimnt que quelque chose ne sera plus comme avant. C'est peut-être là la vrai définition de l'errance, de sa quête, de sa peur." Errance, p.14
Et moi, qu'est-ce que je fous là? Réellement, j'en sais trop rien. Est-ce qu'il faut vraiment savoir où l'on va pour arriver quelque part? non. Je n'ai pas de destination, pas de quête particulière. J'ai envie de vivre un jour à la fois, et voir où tout ça me mène. Je n'ai pas envie de réfléchir à la prochaine ville, je n'ai pas envie de courrir, de me gaver d'informations, de lieux, de paysages. J'ai du temps. Et l'information, je la prend à la goûte, entre deux cafés.  
Errance, c'était un bon choix de lecture. Tout à fait approprié au moment présent. Merci Max. Je te ramène tout ça à Montréal dans quelques mois.