Vendredi, je suis partie dans la vieille bagnole de Doron, un ami de la famille. Nous avons fait 130 kilometres vers le sud pour nous retrouver chez son frère, à Arad, en plein désert. Nous avons passé Shabbat à manger comme des porcs, à boire du wiskey et à fumer la nargila et des cigars. Nous nous sommes réveillés en famille samedi matin pour nous empifrer de café et de Jarnouns (met traditionnel de Shabbatt qui consiste plus ou moins en un roulau de pâte et de margarine qui cuit tranquillement au four pendant la nuit). Puis, tout le monde en voiture. Aujourd'hui, expérition à la Mer Morte.
Ceci était l'introduction. Maintenant, la musique de fond. Appuyez sur Play.
D'abord, le désert. Le désert. Le désert. Le désert. Non, ce n'est pas une répétition fortuite, c'est simplement moi qui éprouve une jouissance particulière à avoir les pieds dans un désert. Et dans le désert, on prend la route 31 et on descend à travers les montagnes de cailloux. Et on descend encore avec le soleil de 10h qui shine au dessus de nos têtes, et la musique dans le tapis, et les bédoins qu'on aperçoit au loin avec des chèvres. Et moi qui, bien certainement, empoigne mon appareil et a les yeux pleins d'eau derrière mes lunettes d'aviateur. Dans la cathégorie du: "Je n'ai envie d'être nule part ailleurs en ce moment", ça a la cote.


Alors je disais: on descend. Sur les montagnes, des inscriptions nous pointent: 500m, 400m, 300m... niveau de la mer.... -100m, -200m... et enfin, on arrive à -450m sous le niveau de la mer. L'endroit le plus bas de la planète. Pendant que certains de mes copains montent des montagnes en Amérique du Sud et en Asie, moi, je descend plus profond que la mer.
Chaque année, le niveau de la Mer Morte baisse de façon alarmante. La Mer Morte se meurt, littéralement. C'est magnifique, mais c'est d'une tristesse incroyable à la fois. C'est une minuscule mer au milieu du désert, pleine de sel, d'un couleur pas possible. Tout est baigné dans le soleil. Un miroir où se reflète les montagnes de la Jordanie à quelques centaines de mètres. Et dans quelques dizaines d'années à peine, elle ne sera plus là.


Et oui je suis allé à l'eau. Et c'est l'une des expériences les plus étranges que j'ai vécues. Au sel et à la densité, on s'y attend. Mais c'est étrange. Une expérience pour les sens. D'abord, l'odeur. La Mer Morte sens l'eau stagnante, morte. Mauvais jeux de mots pour dire que la Mer Morte, elle sens mauvais. Mais on oublie rapidement parce qu'au delà les sexagénaires qui ne font flotter la bedaine en speedo bleu, elle est magnifique la mer. Quand on y entre, on avance dans cette eau lourde et, à un certain moment, on en est prisonier. Nos pieds ne touchent plus le sel (parce que ce que dans la mer morte, on ne marche pas sur du sable, mais sur des cristaux de sel) et on ne nage pas. On flotte. Debout, assis, couché. Peu importe. C'est troublant. Puis on en sort, et on est gras. Comme si on sortait d'un bain huileux. Pire. La Mer Morte, avec toutes ses propriétées bien faisantes pour la peau, est particulièrement grèceuse. Alors on prend une douche d'eau fraiche.
Drole d'expérience que la Mer Morte propose. Maintenant, sur ma To do List, je peux cocher: Me baigner dans la Mer Morte.