Hier, je me suis fait Errance. C'est un essai photographique. Un photographe de remon (Raymond Depardon pour ne pas le nommer) a eu le contrat d'errer durant une année en se questionnant sur l'acte photographique lié à l'errance. En photographie, ça donne une suite d'images en noir en blanc, de format vertical. Les horizons viennent scier l'image au milieu, il y a le ciel, les nuages, la lumière. Aucun endroit n'est le même, mais il se crée une uniformité à travers les photographies. Les lieux se ressemblent. On imagine bien le photographe déambuler dans les rues, s'arrêter à un coin, attendre, regarder, déclancher son appareil, attendre encore. Il repart, il erre. Il s'arrête de nouveau. Il change de continent. Et ça recommence. Et c'est beau.
En mots, Depardon parle de non-lieux, d'entre-deux, de frontières, de la recherche du lieu convenable, d'insatisfaction vs satisfaction globale, de liberté. En introduction, il dit:
"Je vais patir. J'ai encore des lieux à découvrir, j'allais dire à voir, mais non! je n'ai rien à voir. Je dois seulement me poser la question "Qu'est-ce que je fous là?"
J'ai le sentimnt que quelque chose ne sera plus comme avant. C'est peut-être là la vrai définition de l'errance, de sa quête, de sa peur." Errance, p.14
Et moi, qu'est-ce que je fous là? Réellement, j'en sais trop rien. Est-ce qu'il faut vraiment savoir où l'on va pour arriver quelque part? non. Je n'ai pas de destination, pas de quête particulière. J'ai envie de vivre un jour à la fois, et voir où tout ça me mène. Je n'ai pas envie de réfléchir à la prochaine ville, je n'ai pas envie de courrir, de me gaver d'informations, de lieux, de paysages. J'ai du temps. Et l'information, je la prend à la goûte, entre deux cafés.
Errance, c'était un bon choix de lecture. Tout à fait approprié au moment présent. Merci Max. Je te ramène tout ça à Montréal dans quelques mois.
Depardon est aussi un cinéaste documentariste reconnu. Pas encore eu le temps de m'y plonger, mais plans futurs à son sujet.
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