Ci-dessous se trouve mon plaidoyer du voyageur solitaire.
J'avais une chienne pas possible de partir. Même s'il m'attirait énormément, je savais très bien que j'allais mettre les pieds dans un coin du monde qui m'était complètement inconnu. Je ne connaissais rien à l'arabe, encore moins à l'hébreux et j'espérais très fort que la communication soit possible en anglais. Je partais toute seule pour la première fois et ça, ça me foutait particulièrement la trouille. Un énorme défit que je m'étais donné à relever.
Depuis que je suis tombée dans le voyage, j'ai toujours eu une admiration pour les voyageurs solitaires. Les jeunes femmes particulièrement. Hier encore, quand une sud coréenne en voyage autour du monde est débarquée dans mon appartement de Amman, je me suis dit: Wow! elle voyage en solo. Pour ne rendre compte deux secondes plus tard que je faisais exactement la même chose. Je n'ai peut-être pas tout à fait assimilé ma conditions de voyageuse solitaire vue de l'extérieur.
Sept semaines ont passées. Certainemet que j'ai eu quelques badlucks. Ça arrive à tout le monde. Mais je ne suis pas encore rentrée au pays et je sais pertinemment une chose: partir toute seule est probablement la meilleure décision que j'ai prise depuis longtemps. Contrairement à ce que Michel Onfray raconte dans sa Théorie du voyage, je crois sincèrement que le voyageur solitaire est celui qui profitera le plus de son périple.
Rares sont les moments où j'ai été seule. J'ai voyagé momentanément avec des gens, profitant mutuellement des envies et du savoir de l'autre. J'ai rencontré des gens de la place, j'ai mangé avec eux, ils m'ont apportés ici et là; j'en ai apris énormément sur la culture et les mœurs. J'ai observé et compris infiniment plus que dans les livres.
Est-ce que si j'avais été deux, ça aurait été aussi facile de créer les liens? Peut-être pas. Les contacts sont tellement plus simples lorsqu'on voyage seul. Les gens sont soucieux de la jeune femme, ils s'assurent qu'elle arrive a bon port, ils l'invitet boire le thé. C'est égocentrique peut être, mais je n'ai pas eu à dealer avec les choix et les envies d'un compagnon de voyage fixe. Il faut parfois me botter le derrière, mais il n'y a eu que mes décisions et mes feelings pour dicter mes destinations et mes moments à passer devant un verre à discuter de la vie.
Par contre, il y a une chose que j'ai apprise, un conseil et une erreur que je ne referai plus. Quand je repartirai quelque part, j'aurai immanquablement avec moi un portable et un numéro local. Dans toutes les situations un peu précaires, problématiques et les rencontres, c'est absolument nécessaire. Et ça peut tirer des situations inconfortables. Ce ne sont pas tout les chauffeurs de taxis jordaniens qui accepteront de me refiler leur cellulaire pour que je rejoigne mes hôtes au milieu de nul part.

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