12 décembre 2010

Savon jordanien

Imaginez un mauvais soap américain ou un boolywood un peu crados. Ça se passe entre la voisine du dessus, une divorcée dans la trentaine désespérément en manque de sexe et le jeune homme du dessous, un joli guide touristique.
La femme tente depuis des semaines d'entrainer le jeune homme à son appartement pour on imagine quoi. Un jour, ils se croisent dans l'entrée. Discutent. Le jeune homme est accompagne d'une canadienne avec qui il partage sa chambre pour quelques jours. Ils se sont rencontrés sur un site internet appelé couchsurfing. La femme les invites à boire un verre dans son appartement et la canadienne accepte poliment. Elle n'a aucune idée que le jeune homme tente désespérément de fuir la vipère.
Une heure plus tard, le trio se retrouve dans l'appartement de la femme. Je vous met dans l'ambiance. Au sol, il y a une fausse peau de jagoir. Sur le mur, une mauvaise reproduction de nature morte. De la dentelle en plastique sur les divans. Sur la table, un petit pot de verre avec un napperon en papier et une variété inconnue de pinotes sucrées. L'ambiance sonore est Indescriptible, mais on reconnait les mêmes six notes rose pâles dans une boucle aliénante. La femme porte une sorte d'ensemble hybride entre le pyjamas et le suit de sport. Si c'était moi qu'on ressayait de séduire, je ne sais pas si j'éclaterais de rire ou si je me sauverais en courant. Possiblement toutes ces réponses. Le jeune homme, lui, glisse à l'oreille de la canadienne: quoi qu'il arrive, ne me laisse pas seul.
La discussion se passe en arabe sans sous-titres et avec un sourire hypocrite. C'est qui elle? Comment ça tu l'as rencontrée sur un site internet? Elle part quand? Tu aimes mieux les étrangères? Elle reste où? Est ce que vous couchez ensemble? J'ai un grand lit, tu n'aimerais pas mieux dormir chez moi? J'ai besoin d'un homme. Est-ce que tu me trouves attirante? Je me sens seule, je ne fait plus confiance à personne.
La canadienne voit bien l'absurdité malaisante de la situation, mais reste impuissante dans l'aide moral qu'elle tente d'apporter au jeune homme. On se rappel qu'il s'agit d'un soap en arabe. La conversation va ainsi jusqu'à ce que le jeune homme parte en s'inventant une excuse bidon. Dans la voiture, question de se sauver le plus loin possible au cas où la vipère referait surface, il traduit la discussion à la canadienne qui, elle, se mare incroyablement.

Note en bas de page. Il n'y a aucune une photo à l'appuie, mais ceci est l'aventure la plus absurde que je n'ai jamais vécue; jouer au chaperon dans un mauvais soap jordanien.

2 commentaires:

  1. Tout ce que je retiens du soap c'est qu'une jolie canadienne en voyage partage le lit (grand) d'un joli guide touristique .. ! :)

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  2. Ouais, bon. Disons que la jolie canadienne partageait un studio plus qu'un lit.

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