Mercredi 24 novembre, escapade dans la West Bank, encore. Une fois n'est pas sufisante pour capter ce soit disant dangereux, mais fascinant coin du monde.
Paloma et moi avons sauté dans un bus en fin d'avant midi en direction de Ramallah, une minuscule ville au nord de Jerusalem. Pour situer dans l'histoire, c'est dans les environs de Ramallah que Jésus serait entré dans le temple à l'age de 12 ans. Est-ce que nous avons vu le temple? non. Par contre, à Ramallah, ce qui frappe en premier (outre la désorganisation de l'espace et l'abonndance des gens dans tous les coins) c'est la quantité impressionnante d'affiches du Fatah représentant Y.Arafat. Le leader est mort il y a 6 ans, mais il reste le regretté favori dans le coeur des palestiniens. Ce qu'ils pensent de M.Abbas? Sans commentaire. Si on demande à un homme dans la rue, il dirat qu'il aime Abbas. Affirmer le contraire serait dangereux pour lui ou pour sa famille. Si on en parle en privé devant une tasse de thé, il risque de raconter se qu'il pense réellement du gouvernement palestinien. La Palestine est un endroit bien compliqué à saisir. Chose certaine, bien du chemin reste à parcourir pour qu'Israel et la Palestine s'accordent. Et en toute franchaise, je doute fortement de la faisabilité de la chose, mais je l'espère.



Et puis, tant qu'à mettre les pieds en territoires palestiniens pour une deuxième fois, pourquoi ne pas vivre une expérience un peu plus extrème que de partir à la recherche du meilleur hummus du pays. Qu'on se comprennent dès maintenant : nous ne cherchions pas le trouble en Palestine. Nous étions très prudentes et avec quelqu'un de confiance. Seulement parfois, il arrive des situations extraordinaires (et pas forcément dans le bon sens du terme).
En gros, l'histoire raconte que nous sommes allés prendre le thé dans une merveilleuse famille palestinienne, et je dit merveilleuse. Pour une raison inconnu, hier et hier uniquement, le check point à proximité de Ramallah a fermé ses portes plus tôt que prévu et sans avertissement. Les bus ont arrêtés de circuler, et nous, nous sommes restées à Ramallah dans l'incompréhension la plus totale. Alors que notre nouvel ami, le charmant Ahmad nous reconduisait dans sa vieille et magnifique BMW (!) à un hôtel du centre ville, nous nous sommes fait arrêtés par la police palestinienne (!!) qui croyait que nous étions des visiteuses israéliennes kidnapées par un méchant palestinien (!!!).
Juste un instant, mettez vous dans la peau de quelqu'un qui se fait arrêter par la police palestinienne, la nuit, dans la West Bank. Ce qui se passe, c'est que le conducteur sort de la voiture, que tout le monde commence à s'engeuler en arabe, à fumer une quantité pas possible de cigarettes et que vous, vous ne comprenez absolument rien de ce qui se passe. Alors, votre charmant ami, stressé un brin et on comprend pourquoi, vous dit: Don't be scared! Tell him you're ok! Tell him you're ok! S'en suit un échange de passeports, des regards inquièts du policier et un diaporame des photos de famille que vous venez de prendre. Puis, un soit-disant-policier-en-civile-pas-trustable-pour-deux-cents monte dans la voiture avec nous et nous accompagne jusqu'à l'hotel. Il est tard, Ahmad nous prend une chambre, nous y accompagne et s'assure que tout va bien avant de repartir avec le dit policier louche. Dodo. Retour à Jerusalem en bus au matin.
Cela dit, remettre les pieds dans l'appartement de Jaffo Street à Jérusalem : priceless. Autant que le soulagement des colocs de nous voir revenir en un morceaux de la West Bank. Plus que de peur que de mal pour tout le monde. Si on me demande si je vais retourner en Palestine? évidemment! Seulement, et ceci est un conseil, toujours prévoir un endroit sécuritaire où dormir sur place ou rentrer avant la noirceur. Et, suivre ses feelings. Insciallah!
Hey, how was Ramallah? ... Adventurous.